Retour au blog
Méthode/12 juin 2026/8 min

Comment trouver un précédent de l'Autorité en contrôle des concentrations

Identifier la bonne décision DCC ne consiste pas à connaître un numéro par cœur, mais à raisonner par secteur, marché pertinent et type d'opération. Méthode pratique.

Auteur

Équipe L420

Publié

12 juin 2026

Mis à jour

12 juin 2026

À retenir

  • §On ne cherche pas un numéro de décision, on reconstruit une lignée sectorielle.
  • §Le marché pertinent et les engagements acceptés sont les meilleures clés de recherche.
  • §Un précédent ne vaut que s'il est cité précisément et vérifiable.

Réponse courte

Pour trouver un précédent de l'Autorité, partez du secteur et du marché pertinent plutôt que d'un numéro : identifiez les opérations comparables, remontez par les engagements acceptés, et vérifiez chaque référence avant de la citer.

Pourquoi le précédent structure tout le dossier

En contrôle des concentrations, la pratique décisionnelle de l'Autorité de la concurrence n'est pas une jurisprudence au sens strict, mais elle s'en rapproche : l'Autorité réutilise ses propres délimitations de marché, ses seuils d'analyse et ses grilles d'engagements d'une affaire à l'autre. Connaître les précédents pertinents, c'est anticiper la façon dont elle lira votre opération.

Le réflexe d'un praticien expérimenté n'est pas de chercher « la » décision miracle, mais de reconstituer la lignée de décisions qui a façonné l'analyse d'un secteur : comment le marché a été délimité, quels seuils de part de marché ont déclenché des préoccupations, quels remèdes ont été acceptés ou refusés.

Partir du secteur, pas du numéro de décision

La première erreur est de chercher par numéro. Un numéro de décision (par exemple 13-DCC-90) ne se retient que parce qu'on l'a déjà rencontré. La bonne entrée est sectorielle et factuelle : type d'activité, format de point de vente, dimension géographique de la concurrence.

Pour une opération en distribution alimentaire à Paris, la lignée de référence part de la décision 13-DCC-90 (Casino / Monoprix), où l'Autorité retient des zones de chalandise courtes — de l'ordre de 300 à 500 mètres à pied — et une substituabilité accrue entre formats de magasins en zone dense.

  • §Identifiez le ou les marchés de produits concernés (amont, aval, par format).
  • §Précisez la dimension géographique : nationale, régionale, locale, ultramarine.
  • §Listez les opérations comparables déjà examinées dans ce secteur.

Le marché pertinent comme clé de recherche

La délimitation du marché pertinent est le point d'entrée le plus discriminant. Deux opérations dans le « retail » peuvent relever de marchés totalement différents selon qu'il s'agit de distribution à dominante alimentaire, de commerce spécialisé ou de vente en ligne.

Une recherche efficace combine donc la substituabilité du côté de la demande (le consommateur considère-t-il les enseignes comme interchangeables ?) et la pratique antérieure de l'Autorité sur ce périmètre. C'est précisément ce travail de mise en correspondance que L420 automatise : vous décrivez l'opération, le moteur retrouve les décisions où l'Autorité a tranché des questions de marché analogues.

Remonter par les engagements acceptés

Quand l'enjeu est le risque concurrentiel résiduel, le meilleur angle de recherche est souvent celui des remèdes. Chercher « quels engagements ont été acceptés » dans un secteur donné fait remonter les décisions les plus instructives sur la marge de manœuvre réelle des parties.

Par exemple, sur les marchés ultramarins, la décision 20-DCC-72 (GBH / Vindémia) montre que des cessions de magasins ont été exigées dès 50 % de part de marché, avec repreneur agréé en amont — un signal fort sur le niveau d'exigence de l'Autorité dans ces zones.

Toujours vérifier la source

Un précédent ne vaut que si on peut le citer précisément. La référence (numéro de décision, paragraphe) doit être vérifiable : c'est ce qui distingue une note de travail solide d'une affirmation invérifiable.

C'est la raison d'être de L420 : chaque réponse est adossée aux extraits réellement trouvés dans le corpus de l'Autorité, références à l'appui. Quand le corpus ne dit rien de pertinent, l'outil le signale plutôt que d'extrapoler.

Ressources utiles

Questions fréquentes

La pratique de l'Autorité est-elle une jurisprudence contraignante ?

Pas au sens strict : l'Autorité n'est pas formellement liée par ses décisions passées. Mais elle réutilise ses délimitations de marché et ses grilles d'engagements, ce qui rend les précédents très prédictifs.

Où sont publiées les décisions de contrôle des concentrations ?

Sur le site de l'Autorité de la concurrence. Chaque décision porte une référence (par exemple 13-DCC-90) qui permet de la retrouver et de la citer précisément.

Comment L420 aide-t-il à trouver un précédent ?

Vous posez une question de praticien en français ; L420 recherche dans le corpus des décisions DCC de 2010 à aujourd'hui et répond en citant les références utilisées, vérifiables en un clic.

Guide pilier

Cherchez vos précédents en langage naturel

L420 retrouve les décisions de contrôle des concentrations pertinentes à partir d'une question de praticien — chaque affirmation citée, référence par référence.

Essayer L420

À lire ensuite